Reconnaître les bourgeons des pommiers, pendant la taille

Mais pourquoi donc, chercher à reconnaître les bourgeons des pommiers, lors de la taille hivernale ??

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Coursonne : C’est une branche qui concentre tous les organes végétatifs de l’arbre

 

Personnellement, quand je taille un arbre fruitier,  il survient souvent un moment où je me pose la question de savoir si je ne taille pas trop. Effectivement, le but de la taille est de favoriser une fructification optimale avec de beaux fruits qui vont pouvoir mûrir au soleil. J’enlève par conséquent, les branches mortes ou malades, les branches qui s’entrecroisent, celles qui poussent à la verticale, au-dessus ou en dessous des charpentières et les gourmands. Généralement, c’est à ce moment, en jetant un regard au sol et en voyant le volume de ce qui a déjà été taillé, que la règle des 1/3 me revient à l’esprit. « On ne doit pas tailler plus des 1/3 des branches de l’arbre, au grand maximum ». A cela s’ajoute encore la réaction de l’arbre, plus on taille, plus il va avoir tendance à combler le vide en produisant du bois (nouvelles pousses, gourmands, etc…). A l’opposé, plus l’arbre porte de fruits, moins il va avoir tendance à générer de nouvelles branches.

L’astuce consiste ici à trouver le savant dosage entre une taille permettant le bon développement de l’arbre et celle permettant la production de fruits de qualité. Bien entendu, ce juste milieu entre le « trop » et le « pas assez », n’a rien de mathématique et va fluctuer fortement suivant les individus, les localités, la forme physique des arboriculteurs et d’autres paramètres que je ne m’explique toujours pas. Mais revenons-en à notre arbre.  Les branches à tailler sont relativement faciles à repérer en plein hiver. En revanche, pour les fruits, c’est une autre histoire et le seul indicateur visible de leur future présence correspond aux bourgeons (Sous réserve que la nature ne nous joue pas des tours par une mauvaise pollinisation ou une gelée tardive).

Comme il n’y rien qui ressemble plus à un bourgeon qu’un autre bourgeon, je me propose de vous donner quelques astuces. D’une manière générale,  il existe deux types de bourgeons. D’un côté, les bourgeons à bois et de l’autre les bourgeons floraux qui génèrent les fleurs et logiquement, dans un deuxième temps, les fruits. Autant dire que lors des opérations de taille, on veillera à favoriser, la deuxième catégorie.

Tout cela est bien joli, mais une fois en face de l’arbre, où les trouve-t-on et à quoi ressemblent-ils ces fameux bourgeons ?? En fait, il faut s’approcher et regarder de plus près, ce que l’on appelle les organes végétatifs, car un arbre est finalement magnifiquement bien organisé. Voici donc une liste de ce que l’on trouve sur les pommiers (ainsi que sur les arbres à pépins de manière générale)

 

Le bourgeon à bois (œil à bois) :

Il est petit et collé au rameau. Il évoluera, l’année suivante, de différentes manières en fonction de la quantité de sève avec laquelle il sera alimenté. Avec beaucoup de sève, il donnera naissance à un rameau, avec un peu moins, il deviendra un dard (voir ci-dessous). Si l’apport de sève est minimal, il pourra même se transformer en bouton floral ou encore ne pas évoluer du tout en cas d’apport insuffisant.

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Le bourgeon floral :

Il est relativement volumineux et plutôt dodu en comparaison du bourgeon à bois. Sur le pommier, il contient à la fois les futures fleurs et les feuilles (c’est celui que nous attendons avec impatience quelques années après avoir planté un arbre 🙂 )

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Le dard :

Il est très court et on retrouve une sorte de pointe à son extrémité (d’où sa dénomination). Suivant son apport en sève, il évoluera l’année suivante de manière similaire à l’œil à bois mais plus généralement générera une lambourde. Il est à conserver impérativement !

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La lambourde :

Elle correspond simplement à un dard au sommet duquel trône un bourgeon floral, d’où l’intérêt de garder les dards 😉

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La brindille couronnée :

Il s’agit d’un rameau flexible d’environ 30cm au sommet duquel se trouve un bourgeon floral

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La brindille simple :

Il s’agit encore une fois d’un petit rameau flexible d’environ 30cm, mais possédant, cette fois, à son extrémité, un œil à bois. Il est judicieux de la conserver car elle aura tendance à produire des bourgeons floraux l’année suivante.

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La bourse :

C’est une partie charnue qui se forme à l’endroit où se trouvait le pédoncule de la pomme l’année précédente (la petite tige à son sommet 🙂 ). D’une manière générale, la bourse portera des bourgeons floraux ainsi que des dards et ceci chaque année, ce qui la rend  très intéressante pour la production fruitière.

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Bourse sur poirier, où elle est généralement beaucoup plus visible que sur pommiers

 

Le rameau :

D’une longueur de 30 à 80 cm. Il porte les organes végétatifs que nous avons vu précédemment et au fil des années, il nous permet de développer les charpentières, sous-charpentières, ainsi que la flèche de l’arbre. C’est lui qui nous permet de former le port de l’arbre ou pour schématiser, son ossature.

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Le gourmand :

D’une vigueur exceptionnelle, Il pousse parfaitement à la verticale d’une branche, sur 1 m voire 1,50 m. Il est généralement de peu d’intérêt et le plus simple et de l’arracher pendant l’été. On évitera de le couper car cela aura pour effet de réveiller les yeux à bois latents se trouvant à sa base et  l’année suivante nous verrons se développer 3 à 4 gourmands au même endroit. En hiver, il conviendra de scier les gourmands plutôt que de les couper au sécateur.

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En cas de doute, une dernière astuce consiste à toucher délicatement l’extrémité du bourgeon. Un bourgeon à bois « pique » très clairement (et oui, c’est du bois 🙂 ) alors que le bourgeon floral et un peu plus mou et arrondi.

On remarque également que les bourgeons floraux ont tendance à plus se développer aux endroits alimentés moyennement en sève, d’où l’intérêt d’avoir des branches fruitières avec des angles relativement ouverts. C’est de là que vient le fameux « il faut ouvrir l’arbre » que l’on entend régulièrement lors des cours de taille » 😉

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15 Commentaires
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Brigitte
Brigitte
3 années il y a

Bravo Sébastien pour ce nouvel article fort intéressant. Tes photos sont très parlantes et apportent une valeur ajoutée certaine à ton texte. L’ensemble permet une compréhension aisée, même pour une non-initiée comme moi.

pommiculteur.
pommiculteur.
1 année il y a

Merci . Article très instructif, je l ai mis en favoris. les photos impec!bon courage.

christian Riousset
christian Riousset
1 année il y a

trop bien bravo et merci de la part d’un vieux maraicher qui ne trouve pas le temps de se reformer à l’arbo

Zineb
Zineb
1 année il y a

Merci très intéressant et bien présentées les explications . je souhaite planter un pommier ,maintenant comment??

Arielle
Arielle
7 mois il y a

Je suis novice en la matière et vous remercie pour votre article très clair qui permet la meilleure compréhension.

Bruno
Bruno
7 mois il y a

Bravo pour cet article très bien fait et permettant une bonne compréhension.

Serge
Serge
7 mois il y a

J’ai appris beaucoup en lisant cet article sur la taille, merci beaucoup

Jean
Jean
6 mois il y a

“Apprenti jardinier”, je découvre votre article avec un grand intérêt : clair, précis, très pédagogique, il permet au novice que je suis de m’initier à la taille des pommiers et surtout de ne pas commettre trop d’erreurs .

Avec mes remerciements pour votre partage .

Bien à vous